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lundi 7 mai 2012

La Grèce va-t-elle quitter l'euro?

On demande aux grecs de se serrer la ceinture mais il y a longtemps qu'ils n'ont plus de ceinture!!

07 mai 2012 | Par Martine Orange - Mediapart.fr
Début mars, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, ironisait sur les économistes de mauvais augure qui avaient prédit la sortie de la zone euro.
Les mesures dopantes des 1 000 milliards d’euros généreusement attribués par la BCE portaient alors leur plein effet sur le système financier, pour quelque temps encore. « Nous avons passé le plus dur de la crise financière et la zone euro a tenu bon », se réjouissait-il.
« Enfin, cela a permis à quelques économistes de connaître le succès et de s'enrichir », ironisait-il, visant directement l’Américain Nouriel Roubini, qui, depuis 2010, prédit l’éclatement de la zone euro.
Lundi matin, au lendemain de l’élection grecque, marquée par une contestation
grandissante du plan de sauvetage imposé par l’Europe, une explosion du système politique et l’arrivée d’un parti (Aube dorée) se revendiquant expressément du nazisme au parlement, l’économiste a répliqué par tweet. « La Grèce est dans un chaos politique qui, pendant la récession, devient dépression. Cela ressemble à un déraillement de train, pouvant conduire à une faillite et à une sortie de l’euro. L’appartenance des Grecs à la zone euro est désormais en question, avec de sérieux risques de contagion pour le reste des pays périphériques.
L’incertitude sur la politique de la zone euro est plus grande que jamais », analysait
l’économiste.
La plupart des analystes tirent les mêmes conclusions sur le scrutin : « Les discussions pour former un gouvernement vont sans doute raviver le débat sur toutes les options possibles, y compris le choix de rester ou non dans l'euro », note Paolo Pizzoli de la banque ING. La réaction du directeur du fonds européen de stabilité, Klaus Regling, est venue alimenter leurs craintes. « Une sortie de la Grèce de la zone euro serait un scénario catastrophique pour le pays, ses créanciers, pour les autres programmes d’aides et pour les banques », a-t-il prévenu. Ces propos ont tout de suite été décryptés : la question du maintien de la Grèce dans l’euro, qui avait disparu depuis quelques mois, revient donc en force. Il y a de nouveau le feu dans la maison européenne.
Dès lundi matin, les marchés ont recommencé à spéculer. A l’ouverture, la bourse d’Athènes perdait plus de 8 %, entraînant tous les marchés boursiers européens à sa suite, même s’ils se sont repris par la suite. L’euro quant à lui chutait pour retrouver son niveau de 1,30 dollar, tandis que les taux obligataires de l’Irlande, du Portugal, de l’Espagne retrouvaient des niveaux stratosphériques.
Personne ne voit une issue claire à la situation grecque, la révolte politique et sociale étant en train de prendre le pas sur toutes les autres considérations. Refusant d’entendre le message envoyé par les Grecs, le ministre des finances allemand Wolfgang Schaüble, puis la chancelière Angela Merkel, ont adressé le même avertissement à Athènes. « Le plan de sauvetage de la Grèce est non négociable. Tout gouvernement devra s’engager à l’appliquer intégralement. » Bref, les Grecs peuvent voter pour le parti qu’ils veulent, rien ne peut changer.
Cette intransigeance a attisé encore un peu plus la colère des Grecs et ajouté à la confusion politique. Les deux partis traditionnels, qui ont cautionné le plan de sauvetage européen, ont été sanctionnés par les électeurs. En dépit d’un système électoral avantageant le premier parti, Nouvelle démocratie ne recueille que 102 sièges. Le Pasok, le parti socialiste grec, qui a subi une grave défaite, n’a lui obtenu que 47 sièges. Même en s’alliant pour former un  gouvernement d’union nationale, ils n’ont pas la majorité au Parlement qui compte 300sièges.
Pas de participation à un gouvernement d'union nationale
Les tractations ont commencé lundi pour tenter de former une large coalition politique. Antonis Samaras, le leader de Nouvelle démocratie, qui a été chargé par le président grec de constituer un nouveau gouvernement, a usé de premières manœuvres d’approche. Le petit parti de la gauche démocratique, qui a obtenu 19 sièges, a exclu par avance de rejoindre un gouvernement d’union (droite-Pasok). « Nous ne pourrions participer à un gouvernement de coalition qu’avec d’autres forces progressistes », ont-ils déclaré. Le responsable du parti grec indépendant, qui a obtenu 33 sièges, a même refusé de rencontrer le leader de Nouvelle démocratie, assurant qu’il n’avait pas l’intention de coopérer avec « des traîtres ».
Quant à la coalition de la gauche radicale, Syriza, deuxième force politique désormais, devant le Pasok, avec 52 sièges de l’élection, sa position est claire : il n’y a pas de compromis possible avec des partis qui ont signé le plan de sauvetage, qui conduit « à la tragédie pour le pays ». « Notre message au peuple grec et aux responsables européens est clair, hier les Grecs ont rejeté la politique d’austérité, comme elle est rejetée par tous les peuples européens. Le temps est venu de retirer ces mesures barbares », a prévenu Syriza.
Pour ce parti, comme pour les autres contestataires, la sortie de l’euro n’est plus une solution taboue, si elle permet de redonner vie et espoir au pays.
D’autant que de plus en plus de voix les y encouragent. Dans un éditorial analysant les scrutins politiques de dimanche en Europe, publié dans le New York Times, Paul Krugman dresse le constat d’échec de la politique d’austérité menée par l’Europe depuis deux ans.
« Une réponse – une réponse qui ferait sens mais que quasiment personne ne veut admettre en Europe – serait de casser l’euro. L’Europe ne serait pas dans cette tourmente si la Grèce avait encore le drachme, l’Espagne la peseta et l’Irlande sa livre, etc. : parce que la Grèce et l’Espagne auraient ce qui leur manque aujourd’hui : un moyen rapide de restaurer leur compétitivité et de soutenir leurs exportations, qui s’appelle dévaluation. »
A Bruxelles, l’inquiétude grandit face à cette situation politique et économique explosive, même si les réactions officielles sont très rares, comme si parler de la Grèce revenait à manier de la dynamite. Le silence est tel qu’aucun responsable européen n’a même réagi à l’arrivée d’un parti ouvertement nazi au parlement grec. Un mutisme jugé insupportable par Moshe Kantor, responsable du Congrès juif européen, qui, hanté par l’histoire passée, demande une révision rapide de la conduite européenne : « L’émergence d’Aube dorée, parti qui ne cache pas ses tendances nazies, constitue une atteinte majeure pour la démocratie et la tolérance (…) Le fait qu’ils aient obtenu un soutien et un pouvoir devrait forcer les dirigeants européens à repenser leurs priorités. Au cours de ces dernières années, les responsables européens se sont constamment focalisés sur les malheurs économiques et ont largement ignoré la fin de la tolérance et la montée de la haine prônée par ceux qui tirent parti de la situation financière pour atteindre le pouvoir. »
« Pendant deux ans, les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont été obnubilés par la nécessité de donner des gages aux marchés financiers. Il n'a été question que d'austérité », déplore un fonctionnaire européen sous couvert d'anonymat. Beaucoup commencent désormais à s’inquiéter, craignant qu’Athènes ne soit arrivé à un point de non-retour
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=hFVA8aonJwA

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